Cabinet d’essai et de curiosité

"Les cabinets de curiosités désignent au XVIe et XVIIe siècles des lieux dans lesquels on collectionne et présente une multitude d’objets rares ou étranges représentant les trois règnes : le monde animal, végétal et minéral en plus de réalisations humaines. Ces objets semblent être dans une phase intermédiaire entre deux états et la confusion qui règne à leur sujet provoque l’intérêt. L’objectif des curieux est de pénétrer les secrets intimes de la Nature et des productions humaines par ce qu’elles proposent de plus fantastique. En collectionnant les objets les plus bizarres qui l’entourent, le curieux a la sensation de pouvoir saisir, surprendre le processus de Création du monde."
(Gilles Thibault, étudiant, départemlent d’histoire de l’art, université McGill, Montréal, Québec, Canada)
 
La Terre noire
Ermeline Le Mezo
(1995 - 58' - Autour de la Terre, les Films du tambour de soie - France)
Dans ce film tout à l’air radioactif, quelque chose s’est passé, mais on ne sait pas par où c’est arrivé... "Les mains ont touché quelque chose..." . La campagne à la frontière de la ville est un étrange paradis amer et menacé, les paysans y vaquent comme des extra-terrestres capables de mélanger le temps. Les prises de vue, le traitement des couleurs, du montage font de cette oeuvre un territoire dense et sauvage... un monde en crise, un monde noir... mais aussi bleu, violet, blanc, orange... un monde aux échelles faussées, aux contours étranges, aux temps confus... Pour visiter ce film, il faut se laisser bousculer, émouvoir, transporter par un rythme héritier du cinéma expérimental. L’impressionnant travail sonore (fait de sons recueillis, désordonnés, retrouvés...) perce l’écran et construit le paysage. La Terre noire est une métaphore de nos jours, un dangereux décompte.
 
Sönemböör
Samuel Bester
(2006 - 13' - Autoproduction - France/Allemagne)
Cinquième volet d’un travail commencé en 1996 sur l’île de Sylt (Allemagne du nord) pour évoquer par l’image et le son la fragilité d’un paysage et les sentiments que l’on peut éprouver vis-à-vis d’un lieu dont la disparition est annoncée.
 
L’Angle du monde
Philippe Côte
(2006 - 32' - France)
Ensemble d’impressions ressenties lors de différents séjours sur l’île d’Ouessant, de Sein et de Molène.
"L’Angle du monde donne à voir le réel en tant que présence extérieure et intérieure à la fois, altérité opaque, capable néanmoins de devenir intime. Durées et distances incommensurables d’un intérieur qui s’ouvre, se mêle à l’infini d’un paysage qui ne cesse de se transformer. Le mouvement mystérieux des nuages, la cadence des vagues à contre-jour ou le glissement silencieux d’une silhouette humaine à peine identifiable, tout semble transfiguré, déréalisé et réinventé par la lumière." Violeta Salvatierra
 
Qui voit Ouessant
Mehdi Benallal
(2007 - 13' - Autoproduction - France)
Moments et mouvements, attendus patiemment, parfois volés, par une caméra super 8 pendant un voyage sur l’île bretonne d’Ouessant : du vent, des enfants, des amis, des nuages, l’océan... Tout film est, ou devrait être, une expérience ; ici celle de l’unité du film malgré les élans contradictoires, les instants et les lieux épars, les jours et les nuits, dans une composition d’ensemble qui tente de préserver l’intensité de chaque plan. Et enfin, hommage au cinéma muet, si souvent documentaire et expérimental à la fois.